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Deborah Hay
Deborah Hay Dance Company

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Deborah Hay est née en 1941 à Brooklyn. Jusqu’à l’adolescence, c’est avec sa mère qu’elle se forme à la danse. Puis elle se tourne vers les techniques modernes.
 

Dans les années 60, elle déménage à Manhatan et poursuit sa formation avec Merce Cunningham et Mia Slavenska, suit l’atelier de composition de Robert Dunn, se produit un été avec José Limón. Elle intègre la compagnie de Merce Cunningham en 1964 lors de sa tournée mondiale de six mois. Membre du Judson Dance Theater, elle y expérimente et affirme ses premières chorégraphies, pensées, à l’instar de celles de ses pairs [Yvonne Rainer, Steve Paxton, Simone Forti, Trisha Brown…], à partir de l’expérience propre du temps de la représentation, la neutralité des interprètes, le rejet de toute virtuosité, théâtralité ou séduction.
« Qui peut dire si le port caractéristique du danseur donnerait une autre dimension aux actions d’Alex Hay et de Robert Rauschenberg, lorsqu’ils versent de l’eau dans des seaux, s’enroulent les jambes dans des bandes de tissu, jouent avec un tuyau en caoutchouc ou se couvrent les mains et le visage d’encre dans Serious Duet [1966] ? »
Avec Hill [1965] qu’elle danse -avec Steve Paxton- en costume vert gazon sur un terrain de golf, ou avec Rince [1966], où elle se campe devant un châssis gris, revêtue d’un survêtement gris, Deborah Hay propose une perception de la danse « en soi », se détachant d’ensembles uniformisés dans lesquels l’interprète tend à disparaître. Avec d’autres expériences, l’interprète devient simple exécutant. Dans All day Dance for two [1964], « six danseurs attendent des signaux sonores prédéterminés pour modifier leur mouvement, selon un code qui dépend de certains sons surgissant dans un accompagnement musical nouveau pour eux –des programmes de radio variables. Dans Solo [1966], réalisé avec l’aide d’un ingénieur des Bell Telephone Laboratories, un groupe de seize personnes, effectuant les mêmes mouvements légers, glissent à travers l’espace sur de petits piédestaux commandés à distance par d’autres participants dans la salle. »
À partir de 1967, elle consacre son travail à des projets qui incluent un grand nombre d’interprètes amateurs, dans lesquels elle approfondit sa recherche sur des structures très organisées. On ne distingue plus les interprètes des spectateurs, jusqu’à ce que se dévoile la structure de la pièce : Group I en 1967, Group II et Ten en 1968, Half-Time en 1969, 0-Minute Piece en 1970...
Deborah Hay entame alors une longue période de réflexion sur la façon dont la danse est transmise et qui est danseur. Dans son loft de Soho, elle donne des cours gratuits à des danseurs pour tester ses concepts chorégraphiques. Mais avoue-t-elle : en l’espace de deux ans, ces idées sont devenues de moins en moins importantes à mes yeux. Je trouvais bien plus excitant ce qui se passait pour nous tous, individuellement et collectivement – nous formions un groupe plus ou moins stable de vingt cinq personnes- lorsque nous bougions ensemble.
 

En 1971, Deborah Hay quitte New York pour vivre dans une ferme communautaire du Vermont, prennant ses distances avec “l’arêne” du spectacle.
Très éprise de tai-chi, avec lequel dit-elle j’ai commencé à lâcher tout ce que j’avais appris et à faire confiance à quelque chose de nouveau, appelé le flux ou moi-même ou l’univers […] je transcende mon corps et je ne suis plus responsable de mes mouvements…, passionnée par la matière du quotidien, les danses vernaculaires, voire folkloriques, Deborah Hay, enseigne, à l’invitation d’universités, des danses de groupe accompagnées de chansons populaires : chaque mouvement ralentissait au point que nous finissions par n’en exécuter qu’un seul par chanson. Ma chorégraphie a suivi une évolution similaire, jusqu’à ce que la seule consigne soit de former un cercle et de laisser venir.
Elle crée alors une série de dix pièces, les « Circle Dances » qu’elle transmet durant des années dans tous les États-Unis. Elle en délivre le processus de leurs réalisations dans son premier livre, Moving through the Universe in Barre Feet : Ten Circle Dances for Everybody [Swallow Press, 1975].
 

En 1976, Deborah Hay s’installe à Austin [Texas] -où elle vit depuis lors- et se concentre sur le « playing awake », mettant en chantier un ensemble de pratiques qui engagent l’interprète entièrement, à plusieurs niveaux d’éveil de la conscience.
Elle travaille seule, tous les jours, pendant des heures, pour atteindre un niveau cellulaire de la conscience.
Elle met à l’épreuve alors tous les concepts qu’elle a développés depuis plus de 15 ans au sein d’ateliers annuels de quatre mois, qui aboutissent à des représentations publiques. C’est dans ces ateliers que se sont distillés ses soli.
Son premier spectacle en solo, en 1976, intègre son propre questionnement sur la représentation. Au cours de l’une d’elle, elle explique au public : Ainsi la danse traduit mon être ici et dans cet espace, totalement, et la préparation de ce spectacle constitue toute ma vie, ni plus, ni moins.
 

Depuis le milieu des années 90, Deborah Hay se consacre exclusivement à la chorégraphie de soli aussi surprenants qu’énigmatiques, qu’elle tourne et transmet à des interprètes confirmés, aux Etats-Unis, en Europe et en Australie : The Man Who Grew Common in Wisdom, Voilà, The Other Side of O, Fire, Boom Boom Boom, Music, Beauty, The North Door, The Ridge …et le dernier en date, Room.
Son deuxième livre, Lamb at the Altar/the story of a dance [Duke University Press, 1994], rend compte du processus de création de ses danses les plus subtiles produites entre 1980 et 1996, dont Lamb, lamb, lamb -pièce créée à Austin en 1991 pour 46 personnes, au cours de l’un de ses fameux ateliers.
 

En 2000, Deborah Hay chorégraphie un duo pour elle et Mikhail Baryshnikov à propos duquel celui-ci a déclaré plus tard : il y a certains aspects dans le spectacle de danse que j’avais toujours acceptés, comme déterminés. Travailler avec Deborah Hay a approfondi ma compréhension de ce que nous faisons en tant que danseurs.
Son troisième livre, My Body, The bouddhist [Wesleyan University Press, 2000] -dédicacé aux publics de danse du 21e siècle-, présente, à travers 19 courts chapitres composés de récits de ses chorégraphies et d’explications des notions qu’elle utilise, une réflexion approfondie sur les enseignements de vie qu’elle a tirés de son corps en dansant.
En 2004, elle crée à New York, The match, pour quatre chorégraphes-danseurs américains, pièce pour laquelle elle a reçu un Bessie Award. En janvier 2006, toujours à New York, elle crée O,O, pièce pour 5 chorégraphes américains. O,O repose sur la transmission de son solo Room. Un des enjeux fut de transmettre le solo avec des indications verbales, sans le montrer...
 

Deborah Hay a reçu de nombreuses récompenses et s’est produite dans le monde entier.
 

Quant à la France, en 1979, Deborah Hay était venue y présenter une performance dans le cadre du Festival d’Automne à Paris.
Il aura fallu attendre 26 ans et l’édition 2005 du Festival Montpellier Danse pour découvrir son travail avec A lecture on the performance of Beauty, Solo adaptations, ainsi que The match programmé la même année au Festival d’Automne.
Au printemps 2006, elle a créé My country music pour les étudiants de la formation Essais du Cndc d’Angers.
En juin, aux Subsistances à Lyon, elle a présenté une « version française » de O,O, créée avec 7 chorégraphes français [Nuno Bizzaro, Corinne Garcia, Emmanuelle Huyn, Jennifer Lacey, Catherine Legrand, Laurent Pichaud, Sylvain Prunenec]. La pièce résulte également de la transmission du solo Room, mais cette fois-ci, les interprètes ont travaillé seuls le solo pendant trois mois, avant de retrouver Deborah Hay pour la création en groupe.



 

 

 

 
   
 

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> dernière mise à jour : 02.10.2016