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Projet de la matière

[présentation]  [photos]

 


danseurs : Brigitte Asselineau, Laure Bonicel, Boris Charmatz, Vincent Druguet, Stéphane Imbert, Anne-Karine Lescop, Alice Normand, Pedro Pauwels, Françoise Rognerud conception : Odile Duboc et Françoise Michel chorégraphie : Odile Duboc plasticienne : Marie-josé Pillet scénographie : Yves Le Jeune lumières : Françoise Michel son : Olivier Renouf avec les musiques de Arcado String Trio, Franco Donatoni, C. Nancorrow, I. Xenakis costumes : Dominique Fabrègue chaussures : Patrick Valdivia construction des décors : Claude Acquart, Atelier Bains Douches
 

« Je crois que ce qui m’intéresse dans la danse, c’est ce qui a trait aux éléments, ce qui puise ses sources ou se nourrit de la dynamique que sont, par exemple, l’eau, l’air, le feu. Quand je danse, j’ai des sensations très fortes de rapport avec le sol, la gravité, le poids, la légèreté. En apprenant ma danse, mon propre vocabulaire aux danseurs, je n’arrive pas toujours à les imprégner de ces sensations. J’ai donc imaginé une approche qui ne traiterait que de cela mais en détournant le propos, c’est-à-dire en m’abstenant de transmettre la gestuelle qui est la mienne. J’ai décidé de partir de la danse particulière à chaque interprète mais bien sûr en l’orientant dans un sens précis. »
 
Souci du détail, fluidité de l’écriture, lignes graphiques, notamment les obliques, sont des éléments que l’on retrouve dans la plupart des pièces d’Odile Duboc. Pédagogue, la chorégraphe a tout d’abord commencé par enseigner. Formée à la danse classique et au jazz, c’est dans la ville d’Aix, qu’elle ouvre sa propre école, aux débuts des années soixante-dix. Ce sont aussi les rues d’Aix qui accueilleront ses premières pièces. En 1980 s’amorce un tournant artistique. Avec Françoise Michel, qui est éclairagiste, elle fonde sa compagnie, Contrejour. Dès lors, de nombreuses pièces et projets de rue naîtront, notamment « Insurrection » (1989), « la Maison d’Espagne » (1991), jusqu’à « 7 jours / 7 villes », itinéraire chorégraphique conçu pour son implantation au Centre chorégraphique national de Franche-Comté. C’est donc depuis la ville de Belfort, où la compagnie est désormais installée, que toute l’équipe réunie pour la création de ce « Projet de la matière » a commencé de répéter.
 
De multiples danses s’emparent de la scène et se coulent entre les plans inclinés qui séparent l’espace, elles filent sur les différents niveaux de la surface pâle du sol ou bien s’effacent dans les creux de gros galets mous. Formes étranges que la compagnie a baptisées du nom de « baleines ». Ce décor singulier est dû à la collaboration du scénographe Yves Lejeune. Si Odile Duboc affirme qu’aucun de ces gestes n’est de son fait, elle donne certaines clés quant à la direction de son travail : « Je crois que le rôle du chorégraphe ne consiste pas uniquement à produire du vocabulaire mais aussi à mettre en espaces et temps. Face à une danse que l’on ne peut pas reconnaître, qui ne porte aucun élément connoté, la dimension abordée est de l’ordre de l’irréel. Une sorte de songe. Dans le corps du danseur, il peut y avoir des moments très énergiques et très troublants, puis des choses qui évoquent l’eau... Le corps coule, le regard s’éteint. Ce sont toutes ces différences, ces changements d’états qui m’intéressent. J’essaie d’emmener les danseurs à ces états, comme en apnée. Nous avons tout d’abord travaillé avec des matériaux extérieurs, durs, à ressorts, souples, mous. Les danseurs s’y sont confrontés. Aux pieds comme sur toute la surface du corps. Ces confrontations douces ou plus violentes, selon la qualité des matériaux, ont donné lieu à des réactions physiques différentes. Ensuite les matériaux ont été enlevés et j’ai demandé aux danseurs de travailler sur la mémoire afin d’obtenir une certaine qualité du mouvement. J’ai alors pu retrouver dans leurs danses les éléments que je souhaitais leur transmettre. » Il existe un rapport entre le contact réel et le travail du souvenir et c’est ce passage qu’explore « Projet de matière ».
 
La conception des costumes est due à Dominique Fabrègue, dont la technique de coupe particulière en un seul morceau permet de sculpter le vêtement directement d’après les corps.
 
Bien que la danse soit très parcellisée, avec autant de courbes et de diagonales singulières à chaque danseur, l’univers de « Projet de la matière », conçu dans l’abstraction, garde douceur et cohérence. Pour Odile Duboc, le spectacle est fondé sur trois données qui sont l’envol, le vertige et l’abandon : « C’est un corps qui vient s’abandonner sur une matière extérieure ou sur un autre corps. Le vertige, c’est ce qui précède l’abandon, peut-être, et l’envol juste avant encore. Des propositions des danseurs, j’ai gardé ce qui me semblait intéressant dans l’idée même de cette pièce. Un désir de vertige, de déséquilibre. La matière est une donnée très vaste. Il y a bien sûr les matériaux extérieurs mais aussi la danse du corps-matière et, plus spécifiquement sans doute, les éléments. Mais en fait, je me rends compte qu’il m’intéresse plutôt de parler de l’immatière que de la matière. »

 

Irena Filiberti, in L’Humanité, 24 mars 1993



vendredi 26 janvier 1996 à 21h au théâtre Toursky


 

 

 

 
   
 

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> dernière mise à jour : 10.02.2019